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/ TOUT ETAIT LÀ POUR TOUJOURS

      Même si cela reste difficile à envisager, nous vivons dans un monde où la question de l'effondrement est partout présente : effondrement écologique, exctinction des espèces, effondrement de modèles sociaux et géo-politiques... Les effets "boules de neige" ne cessent de se répercuter autour de nous, et, sans pour autant adhérer aux théories catastrophistes, nous pouvons dire que nous nous trouvons actuellement à un tournant, au "point de bascule" qui déterminera le futur de l'humanité.

    Naturellement, il est plus facile de tourner la tête, de détourner le regard. Mais malgré nos stratégies d'évitement, cette réalité nous rattrape. Le traitement médiatique des catastrophes nous enserre de toutes parts, jusqu'à nous étouffer parfois. Cependant, notre manière de réagir à cette perte de repères diffère selon chacun. En effet, comment gère-t-on la sensation - puisqu'il s'agit bien alors d'une sensation - d'un effondrement généralisé, contre lequel nous paraissons si démunis ?

    D'autre part, de même qu'il peut être collectif - par le partage de la crise avec le groupe ; ou par la sensation de responsabilité individuelle à l'intérieur du groupe - l'effondrement se manifeste aussi dans nos sphères les plus intimes : mort d'un proche, envol d'un amour ou d'une illusion... Nous vivons des grands et des petits effondrements au quotidien. De grandes et de petites morts, qui font déferler sur nous des vagues de sensations. Et malgré son échelle plus restreinte, bien qu'elle nous soit pleinement personnelle et parfois incomprise car non-partagée, la catastrophe individuelle dépasse en intensité tous les effondrements collectifs.

    Nous sommes donc dans une existence où nous n'avons d'autres choix que de passer par le deuil. Mais qu'en serait-il si nous transformions notre regard sur celui-ci, si nous en faisions une étape nécessaire à la vie, aux avancées, aux inventions ? Traverser les étapes du deuil ne nous permet-il pas de chercher des réponses, et donc de trouver des solutions ? Passer cette épreuve et retrouver le désir d'agir, n'est-ce pas ce qui fait de l'Homme un être perfectible ? Car vaincre la tristesse ne signifie pas oublier, mais accepter d'être un instant submergé par la sensation, pour l'apprivoiser et la transformer ailleurs. Faire le deuil, c'est refuser avec force la nostalgie, le pouvoir stagnant du fameux "c'était mieux avant" qui emprisonne notre créativité.

" Tous les problèmes de l'humanité et de la destruction de l'écosystème trouvent leur source dans notre peur de mourir. " 

Cyril Dion,

dans L'effondrement est déjà là

Un film de Clément Monfort, 2017. 

Photos prises lors de la sortie de résidence du 26 avril 2019 au BAMP, Bruxelles

     Effondrements global et intime : c'est donc à l'intersection de ces deux facettes d'un même phénomène que nous ancrons notre réflexion. Chercher la manière théâtrale de mettre en relation le micro et le macro-effondrement, le général et l'intime, le groupe et l'individu. Trouver, par le biais de la sensation, quel rapport unit chacun de nous aux catastrophes qui nous arrivent. Et affirmer que quand on parle de l'intime, on parle du monde.

      Nous ne donnerons pas de réponses car nous n'en avons pas : c’est à cet endroit d’ouverture des possibles que nous souhaitons nous situer. Notre désir est plutôt de repenser notre responsabilité à tous, celle d'accepter de ressentir, parfois violemment, mais aussi celle de ne pas se laisser abattre. De voir la beauté dans la fragilité du renouveau, du cycle. Car nous avons toujours, quelque part, le pouvoir d'agir. Et nous rêvons, à travers l'art, le théâtre et la sensation, de chercher ensemble, trouver peut-être, en tous les cas faire émerger quelque chose, et le défendre.

Presse :

Le Progrès

RESIDENCES DE CREATION

/ Du 5 au 17 novembre 2018

MJC Saint-Rambert, Lyon

Sortie publique le 16 novembre

/ Du 7 au 12 janvier 2019

ENSATT, Lyon

/ Du 15 au 26 avril 2019

Bamp, Bruxelles

Sortie publique le 26 avril

/ Du 4 au 9 août 2019

Festival Sans Transition ?, Chemillé

Sortie publique le 9 août

/ Du 3 au 9 août 2020

Habiterre en Diois

/ Du 31 août au 19 septembre 2020

Théâtre de l'Oulle, Avignon

Avant-Première le 19 septembre

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Herbert Liszt, Anna Magnani (1954)

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Dereck Kreckler, Littoral, Installation view, Griffith University Art Gallery, Brisbane (2014)

The Gate-Tokujin Yoshioka, Shanghai 2014

Tokujin Yoshioka, The Gate, Shanghaï (2014)