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      Même si cela reste difficile à envisager, nous vivons dans un monde où la question de l'effondrement est partout présente : effondrements écologique, sociaux et géo-politiques... Nous pouvons dire que nous nous trouvons actuellement à un tournant, au "point de bascule" qui déterminera le futur de l'humanité.
     Malgré nos stratégies d'évitement, cette réalité nous rattrape. Le traitement médiatique des catastrophes nous enserre de toutes parts, jusqu'à nous étouffer parfois. Comment gère-t-on alors la sensation - puisqu'il s'agit bien d'une sensation - de cette perte de repères, contre laquelle nous paraissons si démuni.e.s ?

     De même qu'il peut être collectif, l'effondrement se manifeste aussi dans nos sphères les plus intimes : mort d'un.e proche, envol d'un amour ou d'une illusion... Nous vivons des grands et des petits effondrements au quotidien, et bien qu'elle nous soit  personnelle, la catastrophe individuelle dépasse parfois en intensité tous les effondrements collectifs.


     Nous sommes donc dans une existence où nous n'avons d'autres choix que de passer par le deuil. Qu'en serait-il alors si nous transformions notre regard sur celui-ci ? Traverser ses étapes et retrouver le désir d'agir, n'est-ce pas ce qui rend l'être humain perfectible ? Car vaincre la tristesse ne signifie pas oublier, mais accepter d'être un instant submergé.e par la sensation pour mieux l'apprivoiser et la transformer. Faire le deuil, c'est refuser avec force la nostalgie, le pouvoir stagnant du "c'était mieux avant" qui emprisonne notre créativité.

     Nous cherchons à mettre en relation le micro et le macro-effondrement, le groupe et l'individu. À trouver, par le biais de la sensation, quel rapport unit chacun de nous aux catastrophes qui nous arrivent. À affirmer que lorsqu'on parle de l'intime, on parle du monde.

" Tous les problèmes de l'humanité et de la destruction de l'écosystème trouvent leur source dans notre peur de mourir. " 


Cyril Dion,
dans L'effondrement est déjà là
Un film de Clément Monfort, 2017. 

TOUT ÉTAIT LÀ POUR TOUJOURS

Photos prises le 19 septembre 2020 au Théâtre de l'Oulle, Avignon (répétition sans public)

    Pour les habitant.e.s d'une ville moyenne, tout s'écroule le jour où menace de céder le barrage qui retient la rivière. Faut-il se résoudre à quitter son chez-soi ? À qui reviendrait la responsabilité d'une telle catastrophe ? Que dire en de telles circonstances ?
     Le drame survient deux ans après le décès de Raphaël, dont le corps a été retrouvé dans les montagnes. À l'époque, l'émotion avait gagné la ville entière, et les conclusions de l'enquête avaient abouti à un accident, comme il en arrive parfois sur les sentiers escarpés des hauteurs.
     La menace d'une rupture du barrage, qui tourne en boucle sur les chaînes d'infos, amène les citoyen.ne.s à se questionner sur la gestion de la crise et la responsabilité des décisionnaires. La découverte d'effets personnels de Raphaël réactualise quant à elle le deuil de ses proches, qui avaient déjà bravé la perte, la fin de l'illusion de l'éternité.


     Comment réagir lorsqu'un monde s'effondre, et lorsque son monde s'effondre ? Ces deux mouvements vont pousser les protagonistes à prendre conscience des mécanismes qui permettent de traverser les catastrophes, et à toucher du doigt la notion de rituel : qu'est-ce qui maintient en vie et nous aide à passer un cap, si ce n'est la construction de rituels intimes et collectifs qui donnent des repères, soudent un groupe, affirment notre humanité ? Le théâtre serait-il un de ceux-là ?

 

     Le public, divisé en 3 groupes incarnant chacun une entité de l'histoire (les proches de Raphaël ; le conseil municipal ; les employé.e.s du barrage), participe à l'élaboration d'une fiction cubiste dans un parcours en déambulation. Accompagné dans la fiction par les acteur.ices, chaque groupe traverse cette expérience selon 3 points de vue différents.
    Une dramaturgie circulaire architecture ainsi le spectacle, les 3 parcours se jouent en simultané, puis s'échangent selon un système de rotation : chaque spectateur.ice assiste ainsi aux 3 façons de voir l'histoire, dans un puzzle d'indices, de déjà-vus, de hors-champs.

RÉSIDENCES DE CRÉATION

/ 5 au 17 novembre 2018

MJC St-Rambert, Lyon

Sortie publique le 16 novembre

/ 7 au 12 janvier 2019

ENSATT, Lyon

/ 15 au 26 avril 2019

Bamp, Bruxelles

Sortie publique le 26 avril

/ 4 au 9 août 2019

Festival Sans Transition, Chemillé

Sortie publique le 9 août

/ 3 au 9 août 2020

Habiterre en Diois

/ 31 août au 19 septembre 2020

La Factory - Théâtre de l'Oulle, Avignon

Sorties publiques le 19 septembre

/ 30 mars au 6 avril 2021

MJC St-Rambert et Fédération P. Delaigue, Lyon

/ Du 4 au 6 juin 2022

Châlon-sur-Saône

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Herbert Liszt, Anna Magnani (1954)

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Dereck Kreckler, Littoral, Installation view, Griffith University Art Gallery, Brisbane (2014)

The Gate-Tokujin Yoshioka, Shanghai 2014

Tokujin Yoshioka, The Gate, Shanghaï (2014)